À quoi ressemble vraiment le quotidien d’un architecte d’intérieur ? De la première esquisse à la livraison

Le métier d’architecte d’intérieur fait rêver : beaux espaces, projets créatifs, chantiers spectaculaires… Mais derrière les photos Instagram et les reportages télé, à quoi ressemble vraiment le quotidien de ces professionnels ? Pour un lycéen en recherche d’orientation ou un adulte en reconversion, comprendre la réalité du métier est essentiel avant de s’engager dans une formation exigeante et souvent longue.

Le quotidien d’un architecte d’intérieur : une semaine type, entre bureau, clients et chantiers

Un métier loin d’être uniquement créatif

On imagine souvent l’architecte d’intérieur comme un artiste passant ses journées à dessiner des esquisses. La réalité est plus nuancée : le travail créatif ne représente qu’une partie du temps. Le reste est consacré à la gestion de projet, à la coordination des intervenants et aux aspects administratifs.

Sur une semaine type, un architecte d’intérieur peut répartir son temps de la manière suivante (à titre indicatif) :

Selon qu’il travaille en agence, en indépendant ou en interne dans une entreprise (retail, hôtellerie, promotion immobilière…), cet équilibre varie, mais on retrouve toujours ces grandes dimensions dans le quotidien.

Une journée type en agence ou en indépendant

Pour se représenter concrètement le quotidien, voici à quoi peut ressembler une journée type d’architecte d’intérieur travaillant en agence ou à son compte :

Cette journée type est évidemment variable : certains jours peuvent être largement monopolisés par les visites de chantier, d’autres par la préparation d’un concours ou d’un dossier de permis de construire (dans les limites de ce que l’architecte d’intérieur a le droit de signer).

De la première esquisse à la livraison : les grandes étapes d’un projet d’architecture d’intérieur

1. Premier contact et analyse du besoin

La première étape est une phase d’écoute et de compréhension du client. L’architecte d’intérieur doit :

Cette phase se traduit souvent par :

2. Esquisse (ESQ) : premières pistes créatives

À partir du cahier des charges, l’architecte d’intérieur propose une ou plusieurs esquisses. Il s’agit d’une première réponse créative, qui met en forme les grandes intentions :

Cette étape peut prendre la forme de plans simplifiés, de croquis à main levée, de collages ou de moodboards. Elle permet au client de se projeter sans entrer encore dans le détail technique.

3. Avant-projet (APS / APD) : affiner le concept et valider les choix

Une fois l’esquisse validée dans ses grandes lignes, l’architecte d’intérieur entre dans une phase plus détaillée appelée avant-projet. Elle se décline parfois en deux sous-étapes :

Dans certains cas, l’architecte d’intérieur réalise également des perspectives 3D ou des rendus photoréalistes pour faciliter la compréhension et la prise de décision du client. C’est souvent à ce stade que le budget global est affiné et que l’on vérifie la faisabilité économique du projet.

4. Projet (PRO) : les plans techniques détaillés

Une fois l’avant-projet validé, le travail devient très technique. Le projet d’exécution comprend notamment :

Ces documents servent de base pour la consultation des entreprises et la réalisation des travaux. Ils doivent être suffisamment précis pour éviter les incompréhensions et les surcoûts en cours de chantier.

5. Consultation des entreprises et suivi administratif

À partir du dossier de projet, l’architecte d’intérieur peut :

Cette phase inclut aussi, dans certains cas, des démarches administratives (déclaration préalable de travaux, autorisation de la copropriété, etc.). Selon la nature du projet, l’intervention d’un architecte DPLG ou HMONP peut être nécessaire, notamment pour les questions de structure ou les surfaces au-delà d’un certain seuil.

6. Direction et suivi de chantier

Durant toute la durée des travaux, l’architecte d’intérieur assure un rôle de chef d’orchestre :

C’est un moment clé du projet : il demande beaucoup de réactivité, un sens du dialogue et une certaine fermeté pour défendre les intérêts du client tout en maintenant une relation de travail fluide avec les artisans.

7. Réception des travaux et remise au client

La phase de livraison ne se résume pas à remettre les clés. L’architecte d’intérieur doit :

Dans certains cas, l’architecte d’intérieur prend aussi en charge :

Cette dernière étape est souvent la plus gratifiante : le projet, longtemps resté à l’état de plans et de maquettes, devient un lieu de vie ou de travail concret, utilisé par ses occupants.

Compétences, outils et qualités indispensables au quotidien

Une solide base technique

Au-delà de la créativité, un architecte d’intérieur doit maîtriser un ensemble de compétences techniques qui structurent sa pratique quotidienne :

Plus le secteur d’intervention est complexe (ERP, hôtellerie, commerce, santé), plus ces connaissances doivent être approfondies, et plus la collaboration avec d’autres spécialistes (architectes, bureaux d’études techniques) devient essentielle.

Des outils numériques omniprésents

Le quotidien de l’architecte d’intérieur est désormais fortement digitalisé. Parmi les outils les plus utilisés :

La maîtrise de ces outils est aujourd’hui un prérequis pour être opérationnel, que ce soit en agence ou en indépendant. Les formations initiales et continues intègrent de plus en plus ces compétences numériques dans leurs programmes.

Soft skills et qualités humaines

Le métier repose aussi sur des qualités personnelles essentielles au quotidien :

Ces compétences relationnelles se développent avec l’expérience mais peuvent aussi être travaillées dans le cadre de formations professionnalisantes (ateliers de communication, gestion de projet, mise en situation professionnelle, etc.).

Comment accéder à ce quotidien ? Parcours de formation et pistes d’orientation

Un métier qui s’apprend : l’importance de la formation initiale

Devenir architecte d’intérieur ne s’improvise pas : la technicité du métier et la responsabilité vis-à-vis des clients imposent une formation solide. En France, plusieurs types de cursus y préparent :

Les formations les plus reconnues mettent l’accent sur :

Formation professionnelle et reconversion : des parcours possibles à l’âge adulte

De nombreux adultes envisagent une reconversion vers l’architecture d’intérieur, attirés par la créativité et la dimension concrète du métier. Dans ce cas, plusieurs options existent :

Pour les adultes, la question du financement (CPF, Transition Pro, Pôle emploi, plan de développement des compétences) et de la compatibilité avec la vie familiale et professionnelle est centrale. Les organismes sérieux accompagnent en général leurs candidats sur ces aspects (bilan de projet, construction du plan de formation, recherche de stages).

Stages, alternance, portfolio : se préparer au réel quotidien du métier

Que l’on soit étudiant ou en reconversion, l’immersion en situation professionnelle est déterminante pour comprendre la réalité du quotidien :

Dans tous les cas, la constitution d’un portfolio est essentielle :

Ce portfolio devient une véritable carte de visite lors des recherches de stages, d’emploi ou des premiers clients en freelance.

S’informer en détail sur le métier et les formations possibles

Avant de s’engager dans un cursus, il est recommandé de :

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre dossier complet consacré au métier et aux formations d’architecte d’intérieur, qui détaille les parcours d’études, les conditions d’accès, les perspectives d’emploi et les établissements qui proposent ce type de cursus en France.

Comprendre le quotidien réel de l’architecte d’intérieur, depuis les premières esquisses jusqu’à la livraison d’un chantier, permet d’aborder plus lucidement son projet d’orientation ou de reconversion. C’est en confrontant ses envies aux exigences concrètes du métier, et en choisissant une formation adaptée, que l’on met toutes les chances de son côté pour exercer ce métier dans la durée.

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