Le métier d’accompagnatrice éducative et sociale attire de plus en plus de personnes en quête de sens dans leur vie professionnelle. En première ligne auprès des publics fragilisés, cette professionnelle du social intervient au quotidien pour aider des enfants, des adultes, des personnes âgées ou des personnes en situation de handicap à gagner en autonomie, à s’insérer dans la société et à préserver leur dignité. C’est un métier exigeant, à forte dimension humaine, qui s’exerce dans des structures très variées : établissements médico-sociaux, écoles, domicile, foyers, hôpitaux, associations…
Pour autant, derrière ce terme d’« accompagnatrice éducative et sociale » se cachent encore beaucoup de questions : quelles sont exactement ses missions au quotidien ? Quelles compétences sont attendues dans ce métier ? Où peut-on travailler avec ce diplôme, et avec quels publics ? Quelle formation suivre pour se professionnaliser dans ce domaine, que ce soit après le collège, le lycée, ou dans le cadre d’une reconversion d’adulte ? Quelles sont les perspectives d’emploi et d’évolution dans le secteur social, et comment choisir la bonne voie parmi les différentes formations proposées en France ?
Sur un site dédié à l’orientation et aux formations comme Orientation Formation, il est essentiel d’apporter des repères clairs pour aider les étudiants, les demandeurs d’emploi et les salariés en reconversion à se projeter. Le choix d’un métier social ne se fait pas à la légère : il implique un engagement personnel fort, un équilibre entre vie professionnelle et personnelle, et souvent la nécessité de se former tout au long de sa carrière. L’objectif de cet article est donc de proposer une vision détaillée, concrète et documentée du métier d’accompagnatrice éducative et sociale, des compétences requises, des lieux d’exercice possibles et surtout des parcours de formation adaptés à différents profils.
Que vous soyez collégienne ou lycéenne en phase d’orientation, étudiante en quête de sens, adulte en reconversion vers un métier d’aide et de lien social, ou simplement en recherche d’informations pour mieux comprendre les métiers du secteur éducatif et social, ce guide vise à vous donner toutes les clés pour avancer dans votre projet. Vous y trouverez des exemples pratiques, des conseils pour choisir la bonne formation et des pistes pour faire évoluer votre carrière au sein des métiers de l’accompagnement.
Comprendre le métier d’accompagnatrice éducative et sociale
L’accompagnatrice éducative et sociale (AES) est une professionnelle qui intervient auprès de personnes fragilisées par l’âge, la maladie, le handicap, les difficultés sociales ou familiales. Elle effectue un accompagnement à la fois social et éducatif, dans une logique de proximité et de continuité, souvent au plus près du quotidien des personnes. Historiquement, ce métier résulte de la fusion de plusieurs fonctions (aide médico-psychologique, auxiliaire de vie sociale, accompagnant de vie), ce qui explique la diversité des situations d’intervention possibles.
Le cœur du métier repose sur l’accompagnement des personnes dans les actes essentiels de la vie et dans les activités de la vie sociale et relationnelle. Concrètement, une accompagnatrice éducative et sociale peut aider à la toilette, à l’habillage, à la prise des repas, mais aussi à l’organisation de sorties, d’activités éducatives ou de loisirs. Elle soutient les apprentissages (par exemple, se déplacer en transport en commun, gérer un budget, apprendre des gestes du quotidien) et veille à l’intégration de la personne dans son environnement social : famille, école, quartier, structure d’accueil.
Cette professionnelle ne se limite pas à « faire à la place de » : elle cherche au contraire à favoriser l’autonomie maximale de la personne accompagnée. Dans le cas d’un enfant en situation de handicap scolarisé, par exemple, elle peut l’aider à s’installer en classe, à manipuler son matériel, à suivre les consignes de l’enseignant, tout en veillant à ce qu’il participe autant que possible comme les autres élèves. Dans un foyer d’hébergement pour adultes, elle peut co-animer des ateliers de cuisine, d’hygiène, de gestion du temps, afin de renforcer les compétences de chacun.
Le métier comprend aussi une dimension d’observation et de transmission d’informations. L’accompagnatrice éducative et sociale fait partie d’une équipe pluridisciplinaire (éducateurs spécialisés, assistants de service social, moniteurs-éducateurs, infirmiers, psychologues…). Elle partage ses observations sur le comportement, l’état de santé, les progrès ou les difficultés de la personne avec le reste de l’équipe, et participe à l’élaboration et au suivi du projet personnalisé d’accompagnement. La qualité de sa communication écrite (notes, transmissions, comptes rendus) et orale est donc déterminante.
Enfin, ce métier implique un positionnement éthique fort : respect de la personne, de son intimité, de ses choix, de ses rythmes de vie, lutte contre les discriminations et les violences, promotion de l’inclusion et des droits fondamentaux. L’accompagnatrice éducative et sociale se situe souvent au croisement du privé et du professionnel, surtout lorsqu’elle intervient au domicile. Elle doit donc savoir préserver une juste distance, écouter sans juger, protéger sans infantiliser, soutenir sans se substituer.
Choisir ce métier signifie accepter une certaine intensité émotionnelle, parfois physique, mais aussi la possibilité d’avoir un impact concret et visible sur la qualité de vie des personnes accompagnées. C’est un métier exigeant, mais particulièrement riche pour celles qui recherchent une activité professionnelle profondément humaine.
Compétences et qualités essentielles pour réussir dans ce métier
Pour devenir accompagnatrice éducative et sociale et exercer durablement dans ce secteur, il ne suffit pas d’aimer « aider les autres ». Les structures de formation et les employeurs recherchent un ensemble de compétences techniques, relationnelles et organisationnelles, qui se développent à la fois en formation et sur le terrain. Identifier ces compétences permet aussi de se demander si ce métier correspond réellement à son profil et à ses attentes.
Sur le plan relationnel, la première qualité attendue est la capacité d’écoute active. Comprendre ce que vit la personne, saisir ce qu’elle ne dit pas forcément avec des mots, repérer ses besoins éducatifs et sociaux, nécessite de l’attention, de la patience et une vraie présence. Cette écoute s’applique autant aux personnes âgées qu’aux enfants, aux adultes en situation de handicap qu’aux familles parfois déstabilisées par la maladie ou la dépendance d’un proche.
La bienveillance et l’empathie sont également centrales, mais elles doivent s’accompagner d’une bonne maîtrise de soi. Dans les métiers du social, il est fréquent de faire face à des comportements agressifs, à des situations de crise, à des souffrances profondes. Il est donc important de savoir garder son calme, de poser un cadre sécurisant, de ne pas prendre les choses sur un plan personnel. De nombreuses formations insistent d’ailleurs sur la nécessité de travailler son positionnement professionnel, sa capacité à instaurer une distance juste avec les personnes accompagnées.
Du côté des compétences techniques, l’accompagnatrice éducative et sociale doit maîtriser les gestes d’aide à la vie quotidienne : transferts, accompagnement à la marche, installation au fauteuil, aide à la toilette dans le respect de l’intimité, prévention des chutes, respect des règles d’hygiène et de sécurité. Elle doit aussi connaître les bases de la communication adaptée à différents handicaps (troubles cognitifs, sensoriels, maladies neurodégénératives, troubles du spectre autistique…) et être capable de s’adapter au niveau de compréhension de chaque personne.
Sur le volet éducatif, la capacité à proposer et animer des activités est très appréciée : ateliers manuels, sorties culturelles, activités sportives adaptées, jeux éducatifs pour enfants, temps de lecture ou de stimulation cognitive pour les personnes âgées. L’objectif n’est pas de « divertir » mais de soutenir les capacités de chacun, de maintenir du lien social, de favoriser l’inclusion. Savoir construire une activité simple, sécurisée, en lien avec le projet de la personne est une vraie compétence professionnelle.
Une autre dimension clé concerne l’organisation et la rigueur. Le métier implique souvent de travailler en roulement, avec des plannings variables (matins, soirs, week-ends, parfois jours fériés). Il faut être ponctuelle, fiable, respecter les protocoles établis (médicaux, éducatifs, sécuritaires), savoir rédiger des transmissions précises pour les collègues. L’accompagnatrice éducative et sociale est aussi amenée à gérer des priorités : qui aider en premier, comment répartir son temps entre plusieurs personnes, comment réagir en cas d’urgence.
Enfin, la capacité à travailler en équipe et à s’inscrire dans un projet de service ou d’établissement est indispensable. Le social est un secteur où la coordination entre professionnels est permanente. Savoir rendre compte, accepter le regard des autres métiers, participer à des réunions, écouter les retours des encadrants et des formateurs fait pleinement partie du métier.
Avant de s’engager dans une formation, il est recommandé de réaliser des immersions (stages d’observation, bénévolat, service civique) pour confronter ses représentations à la réalité. Ces expériences permettent de vérifier sa résistance émotionnelle et physique, sa capacité à accepter certains aspects difficiles du métier (dépendance, fin de vie, handicap lourd), mais aussi de conforter sa motivation pour ce type de carrière.
Où et avec qui travaille une accompagnatrice éducative et sociale ?
Le métier d’accompagnatrice éducative et sociale se caractérise par une grande diversité de lieux d’exercice et de publics. Cette variété est un atout pour l’orientation professionnelle : elle offre la possibilité de changer de structure ou de public au cours de sa carrière, tout en restant dans le même métier ou en préparant une autre formation dans le secteur social ou éducatif.
Une partie importante des accompagnatrices éducatives et sociales intervient dans des établissements médico-sociaux. Il peut s’agir d’EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), de foyers de vie ou foyers d’hébergement pour adultes en situation de handicap, de maisons d’accueil spécialisées, d’instituts médico-éducatifs (IME) pour enfants et adolescents, ou encore de services d’accompagnement à la vie sociale. Dans ces structures, l’AES travaille au sein d’une équipe pluridisciplinaire et suit généralement un groupe de personnes sur le long terme, ce qui permet de tisser des liens solides et d’accompagner les évolutions dans la durée.
Un autre champ d’intervention important est le domicile. De nombreuses structures d’aide à domicile, associations, services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD) ou services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) emploient des accompagnants éducatifs et sociaux pour intervenir directement chez les personnes. Le travail s’organise alors autour de visites à horaires fixes chez plusieurs bénéficiaires, avec des missions d’aide à la vie quotidienne, mais aussi de maintien du lien social (rompre l’isolement, accompagner à des rendez-vous, favoriser les sorties). Ce mode d’exercice offre une grande autonomie, mais demande aussi une forte capacité d’organisation et d’adaptation.
Dans le champ éducatif, l’accompagnatrice éducative et sociale peut travailler en lien avec l’Éducation nationale, notamment lorsqu’elle occupe des fonctions d’accompagnant auprès d’élèves en situation de handicap. Elle peut intervenir dans des écoles maternelles, des écoles élémentaires, des collèges ou des lycées, pour soutenir la scolarisation des élèves qui ont besoin d’une aide humaine individualisée. Dans ce cadre, les missions sont centrées sur la participation à la vie de la classe, l’adaptation des consignes, la facilitation des gestes scolaires, et la médiation avec les autres élèves.
Il existe aussi des postes dans le secteur hospitalier (services de soins de longue durée, services de rééducation fonctionnelle, unités de gériatrie), dans des centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), ou dans des dispositifs d’accueil et d’accompagnement de personnes en grande précarité. Le rôle de l’AES y est alors plus spécifiquement tourné vers l’aide à la réinsertion sociale, l’accès aux droits, la reconstruction d’un quotidien plus stable.
Les publics accompagnés sont eux aussi variés : personnes âgées dépendantes, adultes handicapés physiques ou psychiques, enfants porteurs de troubles du spectre autistique, personnes atteintes de maladies chroniques ou neurodégénératives, personnes en situation de grande exclusion, familles en difficulté… Cette diversité est importante à prendre en compte au moment de choisir une formation ou un lieu de stage, car on ne se projette pas forcément de la même façon avec des personnes âgées qu’avec des enfants ou des adultes handicapés.
Sur le plan pratique, il est utile de se renseigner localement sur les types de structures qui recrutent dans votre département ou région : un territoire rural n’aura pas la même offre de services qu’une grande agglomération. Certains départements sont très dotés en établissements médico-sociaux, d’autres misent davantage sur le maintien à domicile. Cette réalité locale peut orienter votre choix de spécialisation ou le type de contrat recherché (CDI, CDD, temps plein, temps partiel, travail en horaires décalés ou en journée).
Pour une orientation réussie, un bon réflexe est de consulter les offres d’emploi et les fiches métiers diffusées par les conseils départementaux, Pôle Emploi, les groupements de coopération sociale et médico-sociale ou les grandes associations nationales. Vous identifierez ainsi les structures qui recrutent des accompagnantes éducatives et sociales près de chez vous, les conditions de travail proposées, ainsi que les profils de formation les plus recherchés.
Quelles formations pour devenir accompagnatrice éducative et sociale ?
En France, le métier d’accompagnatrice éducative et sociale est réglementé et nécessite l’obtention d’un diplôme d’État : le Diplôme d’État d’Accompagnant Éducatif et Social (DEAES). Cette formation est accessible sans condition de diplôme, ce qui en fait une voie intéressante pour des personnes n’ayant pas de baccalauréat, mais elle exige une forte motivation et une réelle capacité à s’engager dans un métier du social. Le DEAES est classé au niveau 3 (anciennement niveau V, équivalent CAP/BEP) dans la nomenclature des diplômes.
La formation DEAES se décline en plusieurs spécialités ou domaines d’intervention, qui correspondent à différents contextes de travail :
- Accompagnement de la vie à domicile
- Accompagnement de la vie en structure collective
- Accompagnement à l’éducation inclusive et à la vie ordinaire (notamment en milieu scolaire)
Le choix de la spécialité s’effectue généralement au moment de l’entrée en formation ou avant les périodes de stage. Il est donc important de réfléchir en amont aux types de publics et de structures qui vous attirent le plus.
La formation est proposée par des établissements autorisés : instituts de formation en travail social, centres de formation spécialisés, parfois des GRETA ou organismes rattachés à des hôpitaux ou des associations. Elle combine enseignements théoriques (connaissance des publics, cadre juridique et institutionnel, travail en équipe, méthodologie de projet, éthique…) et périodes de formation pratique en stage. La durée totale tourne généralement autour de 12 à 18 mois, en fonction du statut (formation initiale, apprentissage, formation continue, allègements possibles pour certains profils).
Pour intégrer un centre de formation, il faut passer par une procédure de sélection, souvent en deux temps : étude du dossier (motivation, parcours, expériences de bénévolat ou d’aide, projet professionnel) et entretien individuel (parfois complété d’épreuves écrites). De plus en plus de centres valorisent les expériences de terrain, même informelles (aide à un proche en perte d’autonomie, animations en centre de loisirs, bénévolat dans une association d’aide alimentaire, etc.), car elles témoignent d’une première confrontation aux réalités du social.
Pour les jeunes en formation initiale, plusieurs parcours sont possibles :
- Après la 3e : possibilité d’entrer dans un CAP du secteur social (par exemple CAP accompagnant éducatif petite enfance) puis de poursuivre ensuite vers le DEAES.
- Après le lycée (avec ou sans bac) : intégration directe en institut de formation au DEAES, éventuellement en alternance.
Pour les adultes en reconversion professionnelle, la formation peut être suivie dans le cadre de la formation continue : Projet de transition professionnelle (ex-CIF), CPF de transition, financement par la Région, par Pôle Emploi, ou par un employeur du secteur social en quête de salariés qualifiés. Certaines structures proposent l’apprentissage, qui permet d’alterner présence en centre de formation et travail salarié dans un établissement ou un service social.
Il existe également la possibilité d’obtenir le DEAES par la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE). Cette voie s’adresse aux personnes qui justifient déjà d’une expérience significative dans des fonctions d’aide à domicile, d’auxiliaire de vie, d’aide médico-psychologique, ou dans d’autres métiers proches. La VAE nécessite un travail de rédaction approfondi pour décrire ses missions, ses compétences et les relier au référentiel du diplôme, puis un passage devant un jury. De nombreux organismes proposent un accompagnement pour sécuriser ce parcours.
Dans tous les cas, il est recommandé de comparer plusieurs centres de formation : taux de réussite, qualité de l’accompagnement pédagogique, nombre et diversité des stages proposés, liens avec les employeurs locaux. Sur un site comme Orientation Formation, vous trouverez également des comparatifs entre formations du secteur social (DEAES, moniteur-éducateur, éducateur spécialisé, aide-soignant, etc.) pour vous aider à choisir le niveau d’étude et le type de métier qui correspondent le mieux à votre projet.
Évolution professionnelle, emploi et salaires dans le secteur social
Le secteur social et médico-social fait partie des grands pourvoyeurs d’emplois en France, notamment en raison du vieillissement de la population, du développement des politiques d’inclusion des personnes en situation de handicap, et de la montée des besoins d’accompagnement éducatif et social dans de nombreux domaines. L’accompagnatrice éducative et sociale bénéficie ainsi d’un contexte globalement favorable en matière d’employabilité.
Les offres d’emploi pour des accompagnants éducatifs et sociaux sont régulières dans les établissements médico-sociaux, les services d’aide à domicile, les foyers d’hébergement, les associations, les collectivités territoriales et, dans une moindre mesure, dans le secteur hospitalier. De nombreuses structures peinent à recruter, en particulier dans certains territoires ruraux ou moins attractifs, ce qui peut permettre à des candidates motivées de trouver un poste rapidement après l’obtention du diplôme.
En début de carrière, le salaire d’une accompagnatrice éducative et sociale varie en fonction du statut (fonction publique hospitalière, fonction publique territoriale, secteur associatif, secteur privé lucratif) et des conventions collectives applicables. Globalement, la rémunération se situe souvent autour du SMIC ou légèrement au-dessus en débutant, avec des évolutions possibles grâce à l’ancienneté, aux spécialisations et à l’accès à des postes à responsabilités. Des primes spécifiques peuvent exister (travail de nuit, dimanche, jours fériés, pénibilité, etc.), ainsi que des compléments selon les politiques salariales des employeurs ou les accords de branche.
Au-delà du salaire, de nombreuses accompagnatrices éducatives et sociales choisissent ce métier pour la stabilité de l’emploi et la possibilité de construire un parcours professionnel évolutif dans le secteur social. Après quelques années d’expérience, certaines se spécialisent auprès de publics particuliers (autisme, gérontologie, handicap moteur, psychiatrie), ce qui peut être valorisé dans les recrutements. D’autres choisissent de compléter leur formation pour accéder à des métiers de niveau supérieur, tels que :
- Monitrice-éducatrice
- Éducatrice spécialisée
- Technicienne de l’intervention sociale et familiale (TISF)
- Aide-soignante, infirmière (après reprise d’études spécifiques)
- Assistante de service social (avec un diplôme d’État de niveau supérieur)
Le DEAES peut, dans certains cas, permettre des allègements de formation ou être pris en compte pour l’accès à d’autres diplômes du travail social. Se renseigner auprès des instituts de formation est essentiel pour construire un projet d’évolution cohérent. Les passerelles ne sont pas automatiques, mais l’expérience acquise sur le terrain constitue un véritable atout pour réussir les concours ou les sélections d’entrée dans ces formations.
Pour celles qui souhaitent rester dans le cœur du métier d’accompagnement, il existe également des perspectives d’évolution interne : référente d’équipe, coordinatrice de secteur en aide à domicile, formatrice de nouveaux salariés, maîtresse de maison dans certains établissements, participation à des groupes de travail sur la qualité ou les projets d’établissement. Ces responsabilités supplémentaires s’accompagnent parfois de revalorisations salariales et, surtout, d’une reconnaissance de l’expertise acquise.
Sur le plan de l’emploi, un point de vigilance concerne l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Les horaires peuvent être décalés, avec des alternances de matin, d’après-midi, de nuits, de week-ends. Avant de s’engager dans une formation ou d’accepter un poste, il est conseillé de se renseigner précisément sur l’organisation du temps de travail : amplitude horaire, temps partiel ou temps plein, contraintes de déplacement (surtout en travail à domicile), astreintes éventuelles. Cet aspect est déterminant pour la durabilité du projet, en particulier pour les personnes ayant des responsabilités familiales.
Enfin, il est utile de suivre l’actualité du secteur social : réformes en cours, revalorisations salariales négociées au niveau national, politiques publiques en faveur du grand âge, du handicap, de la santé mentale. Ces évolutions peuvent influer sur la demande en accompagnantes éducatives et sociales, sur les conditions de travail et sur les possibilités de financement des formations tout au long de la vie.
Conseils pratiques pour s’orienter et réussir sa formation d’accompagnatrice éducative et sociale
Se lancer dans un projet de formation pour devenir accompagnatrice éducative et sociale demande une préparation sérieuse. Pour maximiser vos chances de réussite, il est utile de structurer votre démarche en plusieurs étapes, en mobilisant les ressources disponibles dans votre région et sur des sites spécialisés dans l’orientation et les formations.
La première étape consiste à affiner votre projet professionnel. Interrogez-vous concrètement : avec quels publics souhaitez-vous travailler (enfants, personnes âgées, personnes en situation de handicap, personnes en grande précarité) ? Préférez-vous intervenir à domicile ou en établissement ? Êtes-vous prête à travailler en horaires décalés ? Pour répondre à ces questions, n’hésitez pas à :
- Rencontrer des professionnels en poste (forums des métiers, portes ouvertes, réseaux associatifs)
- Effectuer des journées d’immersion ou des stages d’observation (via un lycée, un organisme de formation, Pôle Emploi, ou en sollicitant directement des structures sociales)
- Vous engager comme bénévole dans une association de soutien aux personnes en difficulté, aux personnes handicapées ou aux personnes âgées isolées
Ces expériences vous permettront de vérifier que la réalité du métier correspond à vos attentes et à vos capacités. Elles enrichiront également votre dossier de candidature en formation, en montrant que votre projet est réfléchi et ancré dans des expériences vécues.
La deuxième étape consiste à choisir la formation la plus adaptée à votre situation. Si vous êtes en formation initiale (collégienne, lycéenne, jeune adulte), vous pouvez vous rapprocher des centres d’information et d’orientation (CIO), des psychologues de l’Éducation nationale, ou des services d’orientation de votre établissement. Ils pourront vous présenter les différents métiers du secteur social et éducatif, comparer le DEAES avec d’autres diplômes (CAP petite enfance, bac pro ASSP, bac pro SAPAT, etc.), et vous aider à cibler les établissements de formation de votre région.
Si vous êtes adulte en reconversion, les conseillers en évolution professionnelle (CEP), les missions locales (pour les moins de 26 ans), Pôle Emploi ou les services RH de votre entreprise (si vous êtes salariée) sont des interlocuteurs clés. Ils peuvent vous aider à construire un plan de formation, à mobiliser votre compte personnel de formation (CPF), à envisager un contrat de professionnalisation ou un contrat d’apprentissage, ou encore à déposer un dossier de VAE si vous avez déjà de l’expérience dans l’aide à la personne.
Une fois la formation choisie, il est essentiel de bien préparer les épreuves de sélection. Travaillez votre lettre de motivation en mettant en avant votre connaissance du métier, vos expériences concrètes auprès de publics fragiles, et votre réflexion personnelle sur les enjeux de l’accompagnement social et éducatif. En entretien, soyez capable d’expliquer ce qui vous attire dans ce métier, ce que vous pensez pouvoir y apporter, et comment vous envisagez d’organiser votre vie autour de cette activité (mobilité, contraintes horaires, implication émotionnelle).
Pendant la formation, quelques conseils pratiques peuvent faire la différence :
- Adoptez une attitude professionnelle dès les premiers jours de stage : ponctualité, tenue adaptée, respect des règles de confidentialité, curiosité pour comprendre le fonctionnement de la structure.
- Tenez un carnet de bord de vos expériences (situations marquantes, difficultés rencontrées, réussites, questions). Il vous aidera à préparer les évaluations, les écrits professionnels et les entretiens avec les formateurs.
- Demandez régulièrement des retours à vos tuteurs de stage : ce qui est satisfaisant, ce qui peut être amélioré, les compétences à développer en priorité.
- Prenez soin de vous : le travail dans le social peut être éprouvant. Apprenez à repérer vos limites, à parler de vos difficultés avec l’équipe et les formateurs, à vous appuyer sur vos proches et sur des temps de repos réels.
Enfin, pensez dès la formation à préparer votre insertion professionnelle. Utilisez les périodes de stage pour observer les structures qui vous plaisent, vous faire connaître, élargir votre réseau. Participez, si possible, à des journées de recrutement organisées par des associations, des collectivités locales ou des réseaux d’employeurs du secteur social. Un CV clair, orienté vers les compétences, et une capacité à expliquer votre projet d’accompagnement de manière concrète seront des atouts précieux.
Choisir de devenir accompagnatrice éducative et sociale, c’est s’engager dans un métier de contact, de solidarité et de responsabilité, au cœur des enjeux de notre société : inclusion, autonomie, respect des personnes en situation de fragilité. Bien préparé, ce projet peut offrir une trajectoire professionnelle riche, avec des possibilités de progression et de réorientation tout au long de la vie. Les dispositifs de formation, initiale et continue, ainsi que les outils d’orientation disponibles, sont là pour vous aider à construire ce chemin, étape par étape.
