Actrice, métier de l’ombre et de la lumière : qui sont les pros qui l’entourent sur un plateau ?

Sur un plateau de cinéma, de télévision ou de théâtre, l’actrice est au cœur de l’attention, mais elle n’est jamais seule. Autour d’elle gravite une constellation de professionnels, souvent méconnus du grand public, dont le travail conditionne la qualité artistique, technique et humaine de la production. Comprendre qui sont ces pros, comment ils travaillent et par quelles formations y accéder est essentiel pour tout étudiant ou adulte en reconversion attiré par les métiers du spectacle.
1. Autour de l’actrice : les métiers artistiques au premier plan
Le réalisateur ou la réalisatrice : chef d’orchestre du projet
Le réalisateur (au cinéma et à la télévision) ou le metteur en scène (au théâtre) guide le jeu de l’actrice, fixe le ton, le rythme et l’intention de chaque scène. Il ou elle :
- analyse le scénario et définit la vision artistique globale ;
- dirige les comédiens pendant les répétitions et le tournage ;
- collabore étroitement avec les chefs de poste (image, son, décor, maquillage, etc.) ;
- participe souvent au montage pour donner la forme finale à l’œuvre.
Pour devenir réalisateur, plusieurs voies de formation existent :
- écoles nationales très sélectives : Fémis, ENS Louis-Lumière, INSAS (Belgique), etc. ;
- licences et masters en cinéma et audiovisuel à l’université ;
- écoles privées de cinéma (ESRA, EICAR, 3iS, etc.), souvent complétées par des stages et une expérience sur le terrain comme assistant réalisateur.
Le directeur de casting : dénicheur de talents
Avant qu’une actrice ne soit choisie pour un rôle, le directeur de casting joue un rôle déterminant :
- il lit le scénario et échange avec la production et la réalisation sur le profil recherché ;
- il organise les auditions, fait passer des essais filmés ;
- il repère de nouveaux talents, suit les écoles de théâtre, les agences, les festivals ;
- il accompagne parfois les comédiens dans la préparation de leurs essais.
Les directeurs de casting viennent de formations variées :
- études en cinéma, arts du spectacle, médiation culturelle ;
- écoles de cinéma ou de production audiovisuelle ;
- formation sur le terrain via des postes d’assistant de casting.
Pour un étudiant intéressé par cette voie, il est pertinent de combiner :
- une formation générale en cinéma ou spectacle vivant ;
- des stages en sociétés de production, agences artistiques ou bureaux de casting ;
- le développement d’un réseau professionnel et d’une culture étendue des comédiens.
Les coachs d’acteurs : préparation du rôle et accompagnement
De plus en plus présents sur les productions, les coachs d’acteurs accompagnent l’actrice dans la préparation de ses rôles :
- travail sur le texte, les intentions et la psychologie du personnage ;
- préparation physique ou vocale spécifique (accent, chant, posture, etc.) ;
- soutien émotionnel sur des scènes sensibles ou très intenses ;
- mise en condition pour les tournages en langue étrangère ou les scènes techniquement complexes.
Les coachs sont souvent d’anciens comédiens ou professeurs d’art dramatique. Les voies d’accès :
- conservatoires nationaux, régionaux ou municipaux ;
- écoles privées de théâtre ;
- formations en pédagogie, psychologie ou préparation mentale ;
- expérience significative de plateau et de scène.
Dialoguistes, scénaristes et script doctors : l’écriture au service du jeu
L’actrice s’appuie sur des dialogues et une histoire écrits en amont. Plusieurs métiers participent à cette phase :
- le scénariste : conçoit l’intrigue, les personnages, la structure globale ;
- le dialoguiste : travaille la musicalité, le naturel et la précision des répliques ;
- le script doctor : intervient pour réécrire ou améliorer un scénario existant.
Les formations pour accéder à ces métiers :
- masters de scénario en écoles de cinéma ;
- licences et masters en lettres, écriture créative, études cinématographiques ;
- ateliers d’écriture de scénario, résidences, masterclasses professionnelles.
2. Les métiers techniques qui entourent l’actrice sur le plateau
Chef opérateur, cadreur et équipe image
La manière dont l’actrice apparaît à l’écran dépend étroitement de l’équipe image :
- le directeur de la photographie (ou chef opérateur) : choisit les lumières, les objectifs, la texture visuelle ;
- le cadreur : compose le cadre, suit les mouvements de l’actrice ;
- les assistants caméra : préparent le matériel, assurent la mise au point, gèrent les changements de caméra.
Ces professionnels collaborent au quotidien avec l’actrice pour :
- trouver les meilleurs angles qui valorisent son jeu ;
- adapter la lumière à son visage, à ses déplacements, à l’émotion de la scène ;
- garantir la fluidité des mouvements (travellings, steadicam, etc.).
Formations possibles :
- écoles spécialisées en image (ENS Louis-Lumière, BTS Métiers de l’audiovisuel option image, écoles privées) ;
- licences et masters en cinéma avec spécialisation technique ;
- formation sur le tas via des postes d’assistant caméra sur les tournages.
Ingénieur du son, perchman et équipe son
Le jeu de l’actrice passe aussi par la voix, les respirations, les silences. L’équipe son veille à capter ces éléments avec précision :
- l’ingénieur du son : conçoit la prise de son, choisit les micros, gère les niveaux ;
- le perchman : tient la perche au plus près de l’actrice sans entrer dans le cadre ;
- les mixeurs et monteurs son : travaillent le son en postproduction.
Formations pour ces métiers :
- BTS Métiers de l’audiovisuel option son ;
- écoles spécialisées en son (SAE Institute, écoles de cinéma avec département son) ;
- formations professionnelles courtes en prise de son et mixage.
Machinistes, électriciens, régisseurs : l’infrastructure invisible
Derrière le confort de jeu de l’actrice, il y a une organisation logistique complexe :
- les machinistes montent les rails, les grues, les structures de décor ;
- les électriciens gèrent les projecteurs, les alimentations électriques, la sécurité ;
- les régisseurs organisent les déplacements, les plannings, les autorisations de tournage, et coordonnent les besoins de tout le plateau.
Les voies de formation incluent :
- Bac pro et BTS techniques (électricité, métiers de la scène, audiovisuel) ;
- certificats de qualification professionnelle (CQP) spécifiques aux métiers du spectacle ;
- formations proposées par les centres de ressources du spectacle vivant (AFDAS, CNM, etc.) pour les adultes en reconversion.
Montage et postproduction : finaliser le jeu à l’écran
Une fois le tournage terminé, le travail de l’actrice est sublimé (ou parfois modifié) par la postproduction :
- le monteur image choisit les meilleures prises, le rythme, les raccords ;
- le monteur son, le bruiteur et les mixeurs créent l’univers sonore ;
- l’étalonneur harmonise les couleurs, renforce certaines ambiances visuelles.
Formations recommandées :
- BTS Métiers de l’audiovisuel option montage et postproduction ;
- licences pro et masters spécialisés en montage ;
- écoles de cinéma avec départements montage, colorimétrie et effets spéciaux ;
- formations professionnelles continues sur les logiciels (Avid, Premiere Pro, DaVinci Resolve).
3. Les métiers du care, de l’image et du quotidien de l’actrice
Costumiers et habilleurs : le personnage par le vêtement
La silhouette de l’actrice, sa crédibilité dans un rôle d’époque ou contemporain, doit énormément au costume :
- le costumier conçoit ou choisit les tenues en accord avec le scénario, la réalisation et la direction artistique ;
- les habilleurs gèrent les essayages, les retouches, la continuité des costumes entre les prises.
Formations possibles :
- écoles de mode et de design textile ;
- formations en costume de scène (DMA, DN MADE, écoles spécialisées en scénographie et costume) ;
- stages dans les ateliers de costume de théâtres, d’opéras ou de sociétés de production.
Maquilleurs et coiffeurs : valoriser le visage et les expressions
Le maquillage et la coiffure influencent fortement la perception du jeu de l’actrice :
- maquillage beauté, discret ou sophistiqué, adapté au personnage ;
- maquillage de transformation (vieillissement, blessures, effets spéciaux) ;
- coiffure d’époque ou contemporaine, perruques, retouches entre les prises.
Ces professionnels travaillent en permanence à proximité de l’actrice, notamment dans :
- les films d’époque ;
- les tournages de fantasy ou de science-fiction ;
- les productions HD ou 4K nécessitant une grande précision.
Formations :
- CAP esthétique, BP coiffure, complétés par des spécialisations en maquillage artistique ;
- écoles privées de maquillage professionnel (cinéma, mode, FX) ;
- formations continues pour se spécialiser en effets spéciaux, prothèses, perruquerie.
Coach vocal, orthophoniste, préparateur physique
Dans certains rôles, l’actrice a besoin d’un accompagnement plus poussé :
- coach vocal : travail sur la projection, la diction, les accents, le chant ;
- orthophoniste : rééducation ou amélioration de la prononciation, prévention des troubles de la voix ;
- préparateur physique : entraînement spécifique pour les rôles exigeants physiquement (danse, combat, sport, cascades).
Les formations pour ces métiers sont généralement universitaires ou professionnelles :
- orthophonie : études spécifiques en école d’orthophonie ;
- préparateur physique : licences STAPS, certifications en préparation physique, diplômes d’éducateur sportif ;
- coach vocal : études de musique, chant, orthophonie, théâtre, complétées par des spécialisations.
Chargé de bien-être, psy du travail, médiation
Avec l’intensification des rythmes de tournage et la prise de conscience des risques psychosociaux, de nouveaux métiers émergent autour de l’actrice :
- référent bien-être ou coordinateur de prévention des risques ;
- psychologues du travail spécialisés dans les métiers du spectacle ;
- médiateurs pour la gestion des conflits sur le plateau.
On accède à ces fonctions via :
- études de psychologie, ressources humaines, ergonomie ;
- formations en prévention des risques professionnels et en médiation ;
- modules de formation continue ciblés sur le secteur culturel et audiovisuel.
4. Production, gestion et accompagnement de carrière
Producteurs et directeurs de production : architectes du projet
Si l’actrice et le réalisateur sont visibles, la faisabilité du projet repose sur la production :
- le producteur initie ou choisit les projets, recherche les financements, pilote la stratégie globale ;
- le directeur de production gère le budget, le planning, la logistique du tournage ;
- les assistants de production coordonnent les besoins quotidiens du plateau (déplacements, hébergements, contrats, autorisations).
Formations possibles :
- écoles de cinéma avec option production ;
- masters en gestion de projet culturel, management de la production audiovisuelle ;
- écoles de commerce avec spécialisation dans l’industrie culturelle ;
- formations professionnelles courtes pour les adultes en reconversion (chef de projet audiovisuel, production exécutive, etc.).
Agents artistiques et managers : piloter une carrière d’actrice
L’agent artistique est l’intermédiaire entre l’actrice et le marché :
- négociation des contrats et des cachets ;
- proposition de rôles adéquats au profil de l’actrice ;
- gestion de l’image et de la stratégie de carrière ;
- interface avec les producteurs, les directeurs de casting, les médias.
Il n’existe pas de formation unique pour devenir agent, mais des parcours recommandés :
- études en droit, en gestion, en communication ou en management culturel ;
- stages en agences artistiques, sociétés de production ou services juridiques ;
- certains masters spécialisés en management d’artistes et industries culturelles.
Attaché de presse, community manager et communication
L’image publique de l’actrice, sur les réseaux sociaux ou dans les médias, est souvent encadrée par :
- l’attaché de presse : organise interviews, avant-premières, festivals, relations avec les journalistes ;
- le community manager : anime les réseaux sociaux, construit une communauté autour de l’actrice ou de la production ;
- le responsable communication : définit les messages clés, coordonne les actions de promotion.
Formations pour ces métiers :
- licences et masters en communication, relations publiques, marketing digital ;
- écoles de communication et de journalisme ;
- formations courtes certifiantes en social media management, relations presse culturelles.
5. S’orienter vers ces métiers : formations, passerelles et reconversions
Les grandes voies d’accès après le bac
Pour les lycéens et étudiants qui souhaitent évoluer dans l’entourage d’une actrice sur un plateau, plusieurs voies principales se dessinent :
- Les études universitaires :
- licence Arts du spectacle, parcours théâtre ou cinéma ;
- licence Cinéma et audiovisuel ;
- licence Information-communication orientée industries culturelles.
- Les formations techniques courtes :
- BTS Métiers de l’audiovisuel (options image, son, montage, production) ;
- Bac pro métiers de l’audiovisuel et du spectacle ;
- titres professionnels reconnus par l’État (chef opérateur, technicien lumière, etc.).
- Les écoles spécialisées :
- écoles publiques : Fémis, ENS Louis-Lumière, écoles régionales de théâtre ;
- écoles privées de cinéma, d’audiovisuel et d’acting ;
- écoles de maquillage, de coiffure spectacle, de costume.
La formation professionnelle continue pour les adultes
De nombreux adultes en reconversion envisagent les métiers du plateau, qu’ils soient artistiques, techniques ou liés à la production. La formation professionnelle offre :
- des stages intensifs en prise de vue, montage, production, régie ;
- des certificats de spécialisation (script, assistant réalisateur, régisseur général, etc.) ;
- des programmes financés par les dispositifs de transition professionnelle ou le CPF ;
- des ateliers pratiques en conditions réelles de tournage.
Les organismes de formation spécialisés dans l’audiovisuel et le spectacle vivant travaillent souvent en lien avec les branches professionnelles (CNC, Audiens, AFDAS), ce qui facilite l’insertion dans les réseaux du métier.
Choisir sa voie parmi tous les métiers autour de l’actrice
Pour faire un choix éclairé, il est utile de :
- identifier ses appétences : plutôt artistique, technique, organisationnelle, relationnelle ;
- évaluer sa tolérance aux horaires atypiques, à la pression des tournages, à la précarité ou à l’intermittence ;
- se renseigner sur les conditions d’accès aux formations (concours, dossiers, auditions) ;
- rencontrer des professionnels lors de salons, journées portes ouvertes, festivals, masterclasses.
Les plateformes d’orientation et d’information sur les formations, les fiches métiers détaillées, ainsi que notre dossier complet dédié au métier d’actrice et aux parcours de formation associés, permettent d’avoir une vision globale des possibilités et de construire un projet cohérent.
Stages, réseaux et expérience de terrain
Quel que soit le métier visé, l’expérience concrète sur les plateaux est déterminante :
- stages en sociétés de production, plateaux de télévision, compagnies de théâtre ;
- participation à des courts métrages associatifs ou étudiants ;
- bénévolat sur des festivals de cinéma ou de théâtre ;
- implication dans des ateliers municipaux ou associatifs de création audiovisuelle.
Ces expériences permettent de :
- comprendre l’organisation réelle d’un plateau ;
- observer les interactions entre l’actrice et les différents métiers ;
- tester plusieurs rôles (assistant régie, second assistant caméra, répétiteur, etc.) avant de se spécialiser ;
- constituer un réseau professionnel indispensable dans ces secteurs.
Compétences transversales à développer
Au-delà des compétences techniques propres à chaque métier, l’environnement autour de l’actrice exige :
- une grande capacité d’adaptation aux imprévus de tournage ;
- un excellent sens du travail en équipe et de la communication ;
- une rigueur et une ponctualité irréprochables ;
- la maîtrise de bases juridiques (contrats, droits d’auteur) pour certains postes ;
- une culture générale solide en cinéma, théâtre et arts visuels.
De nombreuses formations, initiales comme continues, intègrent désormais ces dimensions (projets collectifs, mises en situation, modules de gestion de projet, etc.), ce qui facilite la transition entre l’apprentissage et le monde professionnel.
