Ce que font vraiment les art-thérapeutes : décoder une séance étape par étape

Que se passe-t-il vraiment derrière la porte d’un cabinet d’art-thérapie ? Pour beaucoup d’étudiants, de personnes en reconversion ou de professionnels du soin et du social, le métier d’art-thérapeute intrigue autant qu’il attire. Comprendre précisément le déroulé d’une séance est essentiel pour vérifier si cette voie professionnelle correspond à vos aspirations, mais aussi pour choisir la formation la plus adaptée.

Comprendre le rôle réel de l’art-thérapeute

Un professionnel du soin par la créativité, pas un simple animateur artistique

L’art-thérapeute utilise la création artistique (dessin, peinture, collage, modelage, musique, écriture, théâtre, danse, etc.) comme médiateur au service d’un objectif thérapeutique ou de mieux-être. Contrairement à un animateur ou à un professeur d’arts plastiques, son but n’est pas l’apprentissage d’une technique ni la production d’une œuvre réussie esthétiquement.

Son rôle consiste à :

Il ne s’agit donc ni d’un loisir créatif, ni d’une psychothérapie classique, mais d’un espace intermédiaire où l’art est utilisé comme un véritable outil de soin.

Avec quels publics et dans quels contextes ?

Les art-thérapeutes interviennent dans une grande diversité de structures, ce qui influence fortement la façon dont se déroulent les séances :

Le déroulé d’une séance doit donc toujours être pensé en fonction du public (enfants, adolescents, adultes, personnes âgées, personnes en situation de handicap, etc.) et du cadre d’exercice.

Décoder une séance d’art-thérapie, étape par étape

Avant la première séance : demande, cadre et objectifs

Le travail d’un art-thérapeute commence souvent en amont de la première séance. Selon le contexte, plusieurs étapes préalables sont possibles :

Pour un futur étudiant ou une personne en reconversion, comprendre cette phase préparatoire est important : elle montre combien le métier nécessite des compétences relationnelles, éthiques et organisationnelles, au-delà des seules techniques artistiques.

La séance de rencontre et d’évaluation initiale

La première séance a généralement une fonction d’évaluation, d’installation de la relation et de clarification de la demande. Elle comprend souvent :

L’objectif n’est pas de « réussir une œuvre » dès la première séance, mais d’observer :

Le rituel d’entrée : installer un cadre sécurisant

Dans les séances suivantes, un rituel d’entrée est souvent utilisé pour marquer le passage au temps thérapeutique :

Ce rituel, que les formations spécialisées apprennent à structurer, constitue un élément clé de la pratique professionnelle. Il contribue à la sécurité psychique et permet aux participants, notamment les plus vulnérables, de repérer des repères stables.

Le cœur de séance : la proposition artistique

La partie centrale de la séance est consacrée à la création. Elle peut prendre différentes formes :

L’art-thérapeute observe alors :

Ces éléments ne sont pas interprétés de façon simpliste ou symbolique (« le rouge signifie la colère »), mais replacés dans l’histoire de la personne, son contexte et les séances précédentes.

Le temps de verbalisation : parler de ce qui s’est passé en créant

Une fois la phase de création terminée, un temps de retour est proposé. Il peut inclure :

Dans certaines approches, la verbalisation peut être très limitée (surtout avec des personnes non verbales, des jeunes enfants ou des patients présentant de lourds troubles cognitifs) et passer davantage par des reformulations simples, des gestes ou des rituels de fin.

La clôture de la séance : contenir et préparer la suite

Le dernier temps de la séance a pour fonction de « refermer » l’espace thérapeutique de manière sécurisante :

Cette structuration précise du temps fait partie intégrante des compétences professionnelles que les formations en art-thérapie cherchent à développer chez les futurs praticiens.

Les coulisses invisibles du travail d’art-thérapeute

Observation, analyse et écrits professionnels

Une part importante du travail ne se déroule pas devant le patient, mais en dehors des séances. L’art-thérapeute consacre du temps à :

Dans les institutions, ces écrits doivent respecter des normes (dossier patient, protocole de service, confidentialité). Les formations sérieuses intègrent donc un apprentissage rigoureux des écrits professionnels, indispensable pour collaborer avec les équipes pluridisciplinaires.

Travail en équipe et coordination avec d’autres professionnels

En milieu institutionnel, l’art-thérapeute ne travaille presque jamais seul. Il participe souvent :

Cette dimension collective du travail implique des compétences en communication professionnelle, en éthique, et une capacité à situer sa pratique dans un réseau de soins ou d’accompagnement. Elle est particulièrement importante à prendre en compte pour les personnes qui envisagent une formation en art-thérapie après des études de psychologie, de travail social, de soins infirmiers ou d’éducation spécialisée.

Supervision, analyse de la pratique et formation continue

Comme dans les autres métiers de la relation d’aide, l’art-thérapeute est confronté à des situations émotionnellement exigeantes. Pour maintenir la qualité de son travail, il s’appuie généralement sur :

Pour les personnes en réflexion d’orientation, il est utile de savoir que l’engagement dans ce métier ne se limite pas à la formation initiale : il suppose une démarche de développement professionnel permanent.

Se former pour animer des séances d’art-thérapie : quelles voies possibles ?

Le cadre de la profession en France

En France, la profession d’art-thérapeute n’est pas encore réglementée par un titre d’État unique, ce qui rend le choix de formation particulièrement stratégique. On trouve :

Pour vérifier la solidité d’une formation, plusieurs critères sont à examiner :

Pour aller plus loin sur ces aspects et comparer les parcours envisageables, vous pouvez consulter notre dossier complet dédié aux différentes formations d’art-thérapeutes, qui détaille les cursus, les prérequis et les débouchés.

Profils d’étudiants et de personnes en reconversion

Les personnes qui se dirigent vers l’art-thérapie viennent de horizons très variés :

Selon votre profil initial, certaines formations demandent des prérequis (niveau d’études, expérience professionnelle, pratique artistique) ou recommandent de suivre au préalable des enseignements en psychologie, psychopathologie ou pédagogie.

Compétences à acquérir pour mener une séance de manière professionnelle

Au-delà de la maîtrise d’un médium artistique, les formations sérieuses en art-thérapie visent à développer un ensemble de compétences clés :

Choisir sa formation en fonction de son projet professionnel

La question centrale pour toute personne intéressée par ce métier reste : dans quel type de structure souhaitez-vous animer des séances, et avec quels publics ?

Analyser le contenu pédagogique, les heures de stage, la place accordée à la supervision et la reconnaissance du diplôme par les employeurs potentiels fait partie intégrante d’une démarche d’orientation éclairée vers l’art-thérapie.

Se préparer dès maintenant pendant ses études ou sa vie professionnelle

Pour les étudiants et adultes en reconversion qui se projettent vers ce métier, plusieurs pistes peuvent être mises en œuvre en amont d’une inscription en formation :

En comprenant finement ce que font les art-thérapeutes dans une séance – de la préparation à la clôture, en passant par l’analyse et le travail en réseau – il devient plus facile de choisir une formation cohérente avec son projet professionnel et ses valeurs, et d’anticiper les exigences réelles de ce métier au croisement de l’art, du soin et de l’accompagnement.

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