Formation caces pole emploi : quelle rémunération pendant la formation ?

Formation caces pole emploi : quelle rémunération pendant la formation ?
Formation caces pole emploi : quelle rémunération pendant la formation ?

Passer un CACES peut ouvrir rapidement les portes de la logistique, du transport, du BTP ou de la manutention. Mais une question revient souvent chez les demandeurs d’emploi : quelle rémunération vais-je percevoir pendant ma formation CACES financée ou accompagnée par France Travail ?

La réponse dépend de votre situation au moment de l’entrée en formation : allocation chômage déjà versée, absence d’indemnisation, durée de vos droits ou encore type de formation. Il n’existe donc pas un montant unique valable pour tout le monde. En revanche, plusieurs dispositifs peuvent vous permettre de conserver un revenu pendant votre parcours.

Le CACES, une formation courte mais stratégique

Le CACES, ou certificat d’aptitude à la conduite en sécurité, permet de vérifier qu’une personne possède les connaissances et les savoir-faire nécessaires pour conduire certains équipements. Il concerne notamment les chariots élévateurs, les nacelles, les engins de chantier ou les grues.

Attention à une confusion fréquente : le CACES n’est pas un diplôme ni une autorisation de conduite délivrée directement au salarié. Il s’agit d’une certification obtenue après une formation et une évaluation. Ensuite, l’employeur doit encore autoriser la conduite dans son entreprise, après avoir vérifié les compétences et les conditions de sécurité.

Pour une personne en recherche d’emploi, ce certificat peut toutefois faire la différence. Dans de nombreux secteurs, les entreprises recherchent des candidats immédiatement opérationnels. Un CACES adapté à un projet professionnel peut donc faciliter le retour à l’emploi, notamment dans les métiers de préparateur de commandes, cariste, magasinier, conducteur d’engins ou agent logistique.

La rémunération dépend d’abord de votre situation

Avant de parler de montant, il faut identifier l’allocation à laquelle vous pouvez prétendre. France Travail examine votre situation individuelle : êtes-vous indemnisé par l’allocation d’aide au retour à l’emploi ? Vos droits vont-ils bientôt prendre fin ? Êtes-vous inscrit comme demandeur d’emploi sans indemnisation ?

Selon le cas, vous pouvez percevoir :

  • l’allocation d’aide au retour à l’emploi formation, appelée AREF ;
  • la rémunération de formation France Travail, ou RFPE ;
  • la rémunération de fin de formation, souvent appelée RFF, sous certaines conditions ;
  • ou une rémunération relevant d’un autre dispositif, notamment pour certains publics ou certaines formations spécifiques.

Le bon réflexe consiste à ne pas s’inscrire à une session CACES en supposant que la rémunération sera automatique. Le financement de la formation et le versement d’un revenu sont deux sujets liés, mais distincts. Une formation peut être prise en charge sans que cela entraîne systématiquement une rémunération.

Vous percevez l’allocation chômage : l’AREF prend le relais

Si vous êtes inscrit à France Travail et que vous percevez l’ARE, votre allocation peut être maintenue pendant la formation lorsque celle-ci est validée dans votre projet professionnel et qu’elle est suffisamment longue pour être considérée comme une formation.

Dans ce cas, vous passez généralement de l’ARE à l’AREF. Le montant brut de l’AREF est, en principe, équivalent à celui de l’ARE que vous perceviez avant votre entrée en formation. Le versement est soumis à votre actualisation mensuelle et à votre assiduité.

Autrement dit, si votre allocation chômage était de 1 050 euros par mois avant le début du CACES, vous pouvez généralement continuer à percevoir une somme comparable pendant la formation, sous réserve des retenues éventuelles et des règles applicables à votre dossier.

La durée de versement reste un point essentiel. L’AREF est versée dans la limite de vos droits à l’assurance chômage. Si votre formation se termine avant la fin de vos droits, le versement peut continuer jusqu’à la date prévue. Si vos droits arrivent à échéance pendant la formation, une autre solution peut parfois être étudiée.

Sarah, une candidate que j’ai accompagnée lors d’un projet de reconversion vers la logistique, pensait que son allocation allait être supprimée dès le premier jour de formation. Elle avait surtout retenu le mot « formation » et oublié de vérifier son actualisation. En réalité, son AREF a été mise en place sans interruption, car son parcours avait été validé en amont par son conseiller. Cette anticipation lui a évité un mois particulièrement stressant.

Vous n’êtes pas indemnisé : la RFPE peut être envisagée

Les demandeurs d’emploi qui ne perçoivent pas l’ARE peuvent, dans certaines situations, bénéficier de la rémunération de formation France Travail, plus connue sous le sigle RFPE.

Cette rémunération n’est pas accordée automatiquement. Plusieurs conditions doivent être réunies :

  • être inscrit comme demandeur d’emploi ;
  • suivre une formation validée ou financée dans le cadre de son parcours ;
  • que la formation soit éligible au dispositif ;
  • respecter les règles d’assiduité et les démarches administratives demandées.

Le montant de la RFPE varie selon votre situation personnelle, la durée de la formation et les règles en vigueur. Il peut être inférieur à une allocation chômage classique. Il est donc indispensable de demander une estimation précise à France Travail avant de confirmer votre inscription.

La RFPE peut concerner une personne qui n’a jamais suffisamment travaillé pour ouvrir des droits à l’assurance chômage, qui a épuisé ses droits ou qui ne remplit pas les conditions pour percevoir l’ARE. Elle permet alors de suivre une formation sans rester totalement sans ressources.

Dans certains cas, d’autres aides peuvent compléter le dispositif, par exemple une aide à la mobilité, une prise en charge partielle des repas ou une aide liée à la garde d’enfants. Là encore, les critères varient. Une demande doit souvent être faite dans un délai précis : mieux vaut poser la question avant le démarrage de la formation.

Que se passe-t-il si vos droits s’arrêtent pendant le CACES ?

La durée d’un CACES est souvent courte, mais certaines formations regroupent plusieurs catégories, des modules de remise à niveau ou un parcours plus large en logistique. Dans ce cas, la formation peut se poursuivre alors que vos droits à l’AREF arrivent à leur terme.

La rémunération de fin de formation, ou RFF, peut parfois prendre le relais. Elle concerne certains demandeurs d’emploi dont les droits à l’allocation chômage prennent fin avant la fin d’une formation validée et considérée comme permettant l’accès à un métier en tension ou à un emploi identifié comme prioritaire.

La RFF n’est pas systématique. Le métier visé, la formation suivie, sa durée et les règles applicables au moment de la demande sont étudiés. Le montant est encadré et peut être différent de celui de votre ARE ou de votre AREF.

Si vous êtes dans cette situation, ne vous contentez pas de demander « combien vais-je toucher ? ». Demandez plutôt à votre conseiller :

  • à quelle date exacte vos droits prennent fin ;
  • si votre formation peut ouvrir droit à la RFF ;
  • quel montant prévisionnel serait appliqué ;
  • quels documents doivent être fournis ;
  • si une période sans rémunération risque de se créer entre deux dispositifs.

Cette dernière question est particulièrement importante. Une interruption de quelques semaines peut fragiliser un budget déjà serré. Anticiper permet parfois de modifier les dates de formation ou de choisir un parcours plus cohérent avec vos droits restants.

Le financement de la formation ne signifie pas rémunération

France Travail peut financer tout ou partie d’une formation CACES, notamment grâce à l’aide individuelle à la formation, appelée AIF, ou par l’intermédiaire d’un organisme de formation dont les places sont déjà financées.

Le compte personnel de formation, ou CPF, peut également être mobilisé lorsque la formation et la certification sont éligibles. Toutefois, l’utilisation du CPF ne garantit pas le versement d’une rémunération.

Il faut donc distinguer clairement :

  • le coût pédagogique : qui paie la formation et l’inscription à l’examen ;
  • les frais annexes : transport, repas, hébergement ou garde d’enfants ;
  • la rémunération : le revenu versé pendant la période de formation.

Une formation CACES peut être entièrement financée et ne donner lieu à aucun revenu si aucune allocation ou rémunération n’est ouverte dans votre dossier. C’est une nuance peu agréable, mais essentielle pour éviter une mauvaise surprise.

Quel montant espérer pendant une formation CACES ?

Il est impossible de donner une somme universelle. Le montant peut dépendre de vos anciens salaires, de vos droits à l’assurance chômage, de votre âge, de votre situation familiale ou du dispositif mobilisé.

Dans le cadre de l’AREF, le montant est généralement aligné sur celui de l’ARE. Il correspond donc à votre indemnisation chômage habituelle, avec les retenues prévues par la réglementation.

Dans le cadre de la RFPE ou de la RFF, le montant est fixé selon des règles propres au dispositif. Il peut varier selon l’âge et la situation du demandeur d’emploi. Les barèmes étant susceptibles d’évoluer, il est préférable de vérifier les chiffres directement auprès de France Travail plutôt que de se fier à un ancien témoignage trouvé sur un forum.

Pour obtenir une estimation réaliste, préparez les informations suivantes :

  • la date de début et de fin de la formation ;
  • le programme exact et les catégories de CACES préparées ;
  • votre notification d’ouverture de droits, si vous êtes indemnisé ;
  • la date de fin prévisionnelle de vos allocations ;
  • le devis ou le programme fourni par l’organisme de formation.

Avec ces éléments, votre conseiller pourra vous répondre de manière beaucoup plus précise. Une simulation écrite est encore préférable, surtout si votre budget dépend entièrement de cette rémunération.

Les démarches à effectuer avant l’inscription

Avant de réserver une place dans un centre, prenez le temps de sécuriser votre projet. Voici une méthode simple :

  • identifiez les postes accessibles avec le CACES visé ;
  • vérifiez les catégories demandées par les employeurs de votre région ;
  • demandez plusieurs devis et comparez la durée des formations ;
  • présentez le projet à votre conseiller France Travail ;
  • faites valider le financement et le dispositif de rémunération ;
  • demandez les conditions en cas d’absence ou d’abandon ;
  • conservez tous les justificatifs et notifications reçus.

Le choix de la catégorie est également déterminant. Un CACES adapté aux chariots élévateurs ne permet pas de conduire une nacelle ou un engin de chantier. Se former dans la mauvaise catégorie peut coûter du temps et de l’argent, sans améliorer réellement votre employabilité.

Attention à l’assiduité et à l’actualisation

Pour continuer à percevoir une rémunération, vous devez respecter les règles de présence et déclarer votre situation chaque mois auprès de France Travail. Les absences injustifiées peuvent entraîner une suspension ou une réduction du versement.

Lors de votre actualisation, indiquez que vous êtes en formation selon les modalités demandées. L’organisme de formation transmet généralement les informations d’assiduité, mais cela ne vous dispense pas de rester attentif à votre espace personnel.

Un oubli d’actualisation, un changement de coordonnées bancaires non signalé ou un justificatif manquant peut retarder le paiement. Ce n’est pas très passionnant, nous sommes d’accord, mais l’administratif fait parfois partie du parcours vers l’emploi au même titre que les heures passées sur un chariot élévateur.

Et après le CACES ?

Le certificat n’est pas une fin en soi. Pour transformer la formation en opportunité professionnelle, mettez rapidement à jour votre CV et indiquez précisément :

  • la catégorie de CACES obtenue ;
  • la date de réussite ou de validité ;
  • les équipements concernés ;
  • les compétences complémentaires acquises, comme la préparation de commandes ou la gestion des stocks.

Contactez les agences d’intérim spécialisées en logistique, transport et BTP. De nombreuses missions débutent par des contrats courts et peuvent évoluer vers un emploi durable. Pensez également à prévenir votre conseiller dès l’obtention du CACES : il pourra vous orienter vers des offres correspondant à votre nouveau profil.

La rémunération pendant une formation CACES dépend donc moins du certificat lui-même que de votre statut auprès de France Travail. AREF si vous êtes indemnisé, RFPE dans certaines situations si vous ne l’êtes pas, RFF lorsque vos droits arrivent à leur terme : plusieurs solutions existent, mais elles doivent être vérifiées avant l’entrée en formation.

Le conseil le plus important tient en quelques mots : faites valider à la fois le financement, le calendrier et votre rémunération. Une formation courte peut réellement accélérer un retour à l’emploi, à condition qu’elle soit compatible avec votre projet… et avec votre budget du quotidien.

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