Que faire après un bachelor marketing communication quand on hésite entre études et job : 3 scénarios de vie passés au crible

Vous venez de terminer un bachelor marketing communication et vous hésitez entre poursuivre vos études, chercher un premier poste ou faire une pause pour réfléchir à votre projet ? Ce moment charnière est stratégique pour la suite de votre vie professionnelle. Entre pression sociale, envies personnelles et réalité du marché de l’emploi, il est parfois difficile d’y voir clair.

Pour vous aider à prendre une décision éclairée, cet article passe au crible trois grands scénarios de vie possibles après un bachelor marketing communication. Pour chaque scénario, vous trouverez :

  • les objectifs qu’il permet d’atteindre,
  • les avantages et les limites à connaître,
  • les pistes concrètes de formations et de métiers en France,
  • des conseils pratiques pour ne pas vous fermer de portes.

Comprendre ce que vaut un bachelor marketing communication sur le marché

Un diplôme professionnalisant, mais intermédiaire

Le bachelor marketing communication (souvent de niveau Bac+3) est conçu pour être opérationnel. Les diplômés maîtrisent généralement les bases suivantes :

  • stratégie de communication et marketing,
  • réseaux sociaux, community management,
  • création de contenus (textes, visuels simples, vidéos courtes),
  • gestion de projets de communication,
  • notions de marketing digital : SEO, SEA, e-mailing, CRM, analytics,
  • veille concurrentielle et études de marché.

Sur le marché français, ce niveau Bac+3 est perçu comme un bon tremplin vers :

  • des postes d’assistant ou de chargé de communication/marketing,
  • une poursuite d’études en master, MSc ou mastère spécialisé,
  • l’entrepreneuriat ou le freelance dans les métiers du digital.

Cependant, les recrutements sur des postes à responsabilités (chef de projet senior, responsable marketing, brand manager, etc.) requièrent encore très souvent un Bac+5, surtout dans les grands groupes ou les agences reconnues.

Un environnement très concurrentiel

La communication et le marketing attirent beaucoup d’étudiants. Résultat : les recruteurs reçoivent de nombreux CV, parfois de profils Bac+5 issus d’écoles de commerce, d’IAE (Instituts d’Administration des Entreprises) ou d’écoles spécialisées en communication.

Votre bachelor est donc :

  • un socle solide pour démarrer,
  • mais rarement un aboutissement définitif.

C’est dans ce contexte que se posent vos trois grands choix possibles : continuer vos études, entrer dans la vie active ou opter pour un scénario hybride.

Scénario 1 : Continuer ses études après un bachelor marketing communication

Objectif : monter en compétences et viser des postes à responsabilités

La poursuite d’études après un bachelor marketing communication est le scénario le plus fréquent. Elle permet :

  • d’obtenir un niveau Bac+5, mieux reconnu pour évoluer vers des postes stratégiques,
  • de vous spécialiser (digital, data, luxe, événementiel, communication institutionnelle, etc.),
  • d’acquérir de l’expérience supplémentaire via l’alternance,
  • d’élargir votre réseau (intervenants, alumni, camarades de promo).

Quelles formations viser en France ?

  • Masters universitaires (IAE, universités)

    • Master Marketing, Vente,
    • Master Communication des organisations,
    • Master Marketing digital, e-business,
    • Master Brand management.

    Les IAE et universités proposent des masters souvent plus théoriques, mais avec de plus en plus de possibilités en alternance. L’admission se fait via dossier, parfois concours et entretien, en tenant compte de votre niveau académique et de vos expériences (stages, projets).

  • Grandes écoles de commerce et écoles spécialisées

    • Programme Grande École (admission parallèle en 2e ou 3e année),
    • MSc ou Mastères spécialisés en marketing, communication, data marketing, UX, etc.,
    • Écoles de communication réputées (ISCOM, Sup de Pub, ISEG, etc.).

    Ces établissements mettent l’accent sur la professionnalisation, les projets concrets et les partenariats entreprises. Les frais de scolarité sont généralement plus élevés, mais l’alternance peut financer tout ou partie de votre formation.

  • Mastères et spécialisations en marketing digital

    Si vous avez apprécié le marketing digital pendant votre bachelor, vous pouvez vous orienter vers :

    • un mastère en stratégie digitale,
    • un master en e-commerce et webmarketing,
    • une formation spécialisée en SEO/SEA, social ads, data analytics, CRM.

    Ce type de spécialisation est très recherché sur le marché, notamment dans les PME et les agences.

Avantages de la poursuite d’études

  • Meilleure employabilité à moyen terme : un Bac+5 ouvre davantage de portes pour des postes de chef de projet, responsable marketing ou chargé de communication senior.
  • Temps supplémentaire pour vous spécialiser : SEO, UX, influence, événementiel, corporate, publicité, data marketing, etc.
  • Réseau renforcé : rencontres avec des professionnels, forums entreprises, projets de consulting, alumni.
  • Possibilité de se former en alternance : vous gagnez un salaire, financez vos études et cumulez de l’expérience significative.

Limites et points de vigilance

  • Coût financier : surtout dans les écoles privées. Renseignez-vous sur les dispositifs de financement (alternance, bourses, CPF pour les adultes en reprise, aides régionales).
  • Risque de rallonger les études sans projet clair : poursuivre pour “fuir” le monde du travail n’est pas une stratégie durable. Il est important de viser une spécialisation cohérente avec vos aptitudes et le marché.
  • Pression académique : le niveau d’exigence augmente. Une bonne organisation est nécessaire, surtout en alternance.

Pour qui ce scénario est-il adapté ?

  • Vous visez un poste à responsabilités ou un secteur très concurrentiel (luxe, communication d’image, grands groupes).
  • Vous avez encore envie d’apprendre et de vous spécialiser.
  • Vous pouvez financer vos études (ou trouver une alternance).
  • Vous ressentez que votre bachelor ne suffit pas pour atteindre vos objectifs de carrière.

Pour explorer en détail les options possibles, programmes, débouchés et types d’écoles, vous pouvez consulter notre dossier complet dédié aux parcours après un bachelor en communication, qui offre un panorama des choix de formation en France.

Scénario 2 : Entrer directement sur le marché du travail après le bachelor

Objectif : gagner en expérience et tester le terrain

Vous pouvez considérer votre bachelor marketing communication comme un passeport suffisant pour décrocher un premier emploi. De nombreuses entreprises, en particulier les TPE/PME, les start-up et certaines agences, recrutent des profils Bac+3 pour :

  • des postes d’assistant ou de chargé de communication,
  • des postes de chargé de marketing digital junior,
  • des missions en community management, contenu, relations presse.

Ce scénario est particulièrement pertinent si vous :

  • souhaitez rapidement être autonome financièrement,
  • préférez apprendre “sur le tas”,
  • êtes encore incertain sur votre spécialisation et voulez tester plusieurs missions.

Exemples de postes accessibles avec un bachelor

  • Chargé de communication junior : gestion des réseaux sociaux, rédaction de contenus, relation avec les prestataires, mise à jour du site web.
  • Assistant marketing : études de marché, suivi de campagnes, reporting, coordination avec les équipes commerciales.
  • Community manager : animation des communautés, modération, création de posts, suivi des indicateurs.
  • Assistant chef de projet en agence : suivi de dossiers clients, briefs créatifs, coordination des équipes, veille concurrentielle.
  • Chargé de marketing digital junior : newsletters, SEO de base, suivi des campagnes payantes, optimisation de fiches produits.

Avantages d’entrer rapidement dans la vie active

  • Expérience professionnelle concrète : vous développez des compétences réelles que les recruteurs apprécient fortement.
  • Autonomie financière : un salaire, même modeste au départ, peut être déterminant selon votre situation personnelle.
  • Clarification de votre projet : en pratiquant plusieurs missions, vous découvrirez ce que vous aimez (et ce que vous n’aimez pas).
  • Possibilité de reprendre des études plus tard : par la formation continue, la VAE ou un retour en master après quelques années d’expérience.

Limites et précautions à prendre

  • Perspectives d’évolution parfois limitées à moyen terme

    Sans Bac+5, certains postes restent difficiles d’accès, surtout dans les grandes structures. Vous risquez d’être “bloqué” au niveau intermédiaire.

  • Rémunération de départ généralement plus basse

    Les salaires d’entrée pour des Bac+3 dans la communication/marketing peuvent être modestes, surtout en région ou dans les petites agences.

  • Attention aux offres peu qualitatives

    Dans ce secteur, il existe des entreprises proposant des postes très polyvalents, mal encadrés ou sous-payés. Soyez vigilant sur :

    • le contenu de poste (tâches décrites précisément),
    • le statut (CDD, CDI, alternance, freelance),
    • la rémunération et les conditions de travail.

Comment maximiser ce scénario “job direct” ?

  • Valorisez réellement votre bachelor : détaillez les projets concrets, les cas pratiques, les compétitions, les stages réalisés. Les recruteurs veulent voir ce que vous savez faire.
  • Ciblez les PME, start-up et agences : elles sont souvent plus ouvertes aux profils Bac+3 et vous confieront rapidement des responsabilités opérationnelles.
  • Continuez à vous former en parallèle : MOOC, certifications (Google Analytics, Meta, Google Ads), formations courtes financées via le CPF ou le plan de formation de l’entreprise.
  • Gardez la porte ouverte à une reprise d’études : après 2 à 5 ans d’expérience, vous pourrez envisager un master en alternance, un MBA ou une VAE pour valider un titre de niveau supérieur.

Scénario 3 : Année de transition, projets hybrides et orientation progressive

Objectif : prendre du recul sans perdre le fil

Vous n’êtes pas complètement prêt à vous engager dans un master ni dans un premier CDI ? Vous ressentez le besoin de souffler, de voyager, de tester des choses différentes ? Un troisième scénario consiste à construire une année ou une période “hybride”, articulant :

  • des expériences professionnelles courtes,
  • des projets personnels ou créatifs,
  • des formations courtes ou certifiantes,
  • éventuellement un séjour à l’étranger.

L’idée n’est pas de “rien faire”, mais de structurer cette période pour qu’elle soit lisible sur un CV et utile pour votre projet.

Quelques pistes concrètes pour une année de césure ou de transition

  • Stages longs ou CDD en marketing/communication

    Vous pouvez multiplier les expériences de 3 à 6 mois dans différents types de structures :

    • start-up digitales,
    • agences de communication ou de publicité,
    • associations, ONG, structures culturelles,
    • collectivités territoriales, institutions.

    Cela vous permettra de tester plusieurs univers et de mieux définir votre futur choix de master ou de poste.

  • Service civique ou volontariat

    Le service civique peut être un bon compromis : vous êtes indemnisé et vous pouvez occuper des missions de communication au sein d’associations, de collectivités ou d’organismes publics. C’est apprécié sur un CV, surtout si vous valorisez les compétences acquises (gestion de projet, communication, coordination).

  • Freelance ou micro-entreprise

    Si vous avez un profil créatif (graphisme, rédaction, vidéo, réseaux sociaux), vous pouvez lancer une activité en freelance :

    • gestion des réseaux sociaux pour des TPE,
    • création de contenus (articles, vidéos, newsletters),
    • support en stratégie digitale.

    Attention toutefois à bien encadrer cette activité (statut, facturation) et à ne pas vous isoler : rejoindre des communautés de freelances, des espaces de coworking ou des réseaux professionnels peut être utile.

  • Formations courtes et spécialisées

    De nombreux organismes en France proposent des modules courts (de quelques jours à quelques mois) en :

    • SEO/SEA,
    • UX design,
    • data marketing,
    • growth hacking,
    • motion design, vidéo, etc.

    Ces formations peuvent être suivies en parallèle d’un job ou d’une activité freelance et vous donner un avantage compétitif pour la suite.

  • Séjour à l’étranger

    Voyager, faire un PVT, un job saisonnier ou un volontariat international peut enrichir votre profil :

    • amélioration de votre anglais ou d’une autre langue,
    • développement de votre autonomie et adaptabilité,
    • ouverture culturelle, très appréciée dans les métiers du marketing et de la communication.

Atouts de ce scénario hybride

  • Temps pour clarifier votre projet : vous évitez d’enchaîner les études “par défaut”.
  • Acquisition de compétences transversales : autonomie, organisation, gestion de projet, langues.
  • Expériences différenciantes sur un CV : surtout si elles sont cohérentes avec votre domaine.

Risques et conditions de réussite

  • Risque de dispersion : attention à ne pas multiplier les projets sans fil conducteur. Il faut pouvoir expliquer votre trajectoire.
  • Regard des recruteurs : une année de “vide” peut poser question si elle n’est pas structurée.
  • Discipline personnelle : sans cadre scolaire ou professionnel, il est nécessaire de s’imposer un minimum d’organisation.

Pour réussir ce scénario, fixez-vous des objectifs concrets : nombre de missions, type de compétences à acquérir, formations à suivre, pays à découvrir, etc. Et gardez en tête une date pour réévaluer votre projet (par exemple au bout de 9 ou 12 mois).

Comment choisir entre études, job ou année hybride après un bachelor marketing communication ?

Identifier votre profil et vos priorités

Pour trancher entre ces trois options, commencez par vous poser quelques questions clés :

  • Votre motivation pour les études : avez-vous encore l’énergie et l’envie de poursuivre deux années supplémentaires, avec un niveau d’exigence plus élevé ?
  • Votre situation financière : pouvez-vous assumer des frais de scolarité ou avez-vous besoin d’un revenu rapidement ?
  • Votre niveau de clarté sur votre projet : savez-vous déjà vers quel métier ou secteur vous souhaitez aller, ou êtes-vous encore en phase de découverte ?
  • Votre appétence pour le terrain : préférez-vous apprendre par la pratique ou dans un cadre académique structuré ?

Utiliser les ressources d’orientation disponibles

En France, plusieurs dispositifs peuvent vous aider à faire un choix éclairé :

  • Services d’orientation de votre établissement : conseillers, ateliers CV/lettre de motivation, forums entreprises, anciens élèves.
  • PsyEN et CIDJ : entretiens individuels, bilans d’orientation, informations sur les filières et les débouchés.
  • Sites spécialisés et bases de données de formations : fiches métiers, comparatifs d’écoles, annuaires de masters et de mastères.
  • Réseaux professionnels : LinkedIn, réseaux d’anciens, associations professionnelles en marketing et communication.

Vous pouvez également rencontrer des professionnels (via des interviews informelles, des événements, des webinaires) pour confronter vos idées à la réalité du terrain.

Construire un plan A… et un plan B

Quel que soit le scénario qui vous attire aujourd’hui, il est prudent de :

  • prévoir une option alternative (plan B) en cas de refus en master, de difficulté à trouver un poste ou de changement de situation personnelle,
  • penser votre projet comme évolutif : vous pouvez commencer par travailler, puis reprendre des études ; ou l’inverse.

Quelques combinaisons possibles :

  • Plan A : Master en alternance / Plan B : job + formations courtes
  • Plan A : entrée dans la vie active / Plan B : reprise d’études dans 2 ans en VAE ou formation continue
  • Plan A : année hybride (stages, freelance) / Plan B : candidature en master pour la rentrée suivante

Rester acteur de votre parcours tout au long de la vie

La force du secteur marketing communication est sa capacité à évoluer sans cesse. Dans ce contexte, votre carrière ne sera probablement pas linéaire : alternance de périodes d’emploi salarié, de formations, de changements de poste, voire de reconversions.

L’important est de :

  • développer une base solide de compétences (bachelor + éventuellement master),
  • garder une curiosité constante pour les nouveaux outils et pratiques,
  • ne pas hésiter à utiliser la formation professionnelle (CPF, VAE, formations certifiantes) pour continuer à progresser.

Après un bachelor marketing communication, il n’existe pas une seule “bonne” voie, mais plusieurs trajectoires possibles. L’essentiel est de choisir celle qui correspond le mieux à votre profil, à vos contraintes et à vos ambitions, tout en vous laissant la possibilité d’ajuster le cap au fil de votre vie professionnelle.

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