Visualiser l’abscisse et l’ordonnée : 5 métaphores pour enfin comprendre le graphique
Comprendre l’abscisse et l’ordonnée, ce n’est pas seulement « faire des maths ». C’est aussi une compétence clé pour lire un graphique financier, analyser des résultats d’enquête, interpréter une courbe de chômage ou suivre ses performances commerciales. Dans un parcours scolaire comme dans la formation professionnelle, savoir lire et construire un repère cartésien est devenu indispensable.
Pourtant, beaucoup d’élèves, d’étudiants et d’adultes en reprise d’études peinent encore à visualiser concrètement ce que représentent l’axe horizontal (abscisse) et l’axe vertical (ordonnée). Cet article propose 5 métaphores simples et parlantes pour enfin fixer ces notions dans votre esprit ou dans celui de vos apprenants.
Pourquoi l’abscisse et l’ordonnée sont essentielles dans les études et la vie professionnelle
Lire un graphique : une compétence transversale à toutes les formations
Du lycée à la formation continue, la lecture de graphiques est omniprésente :
- En lycée général ou technologique, les programmes de mathématiques et de sciences exigent de savoir lire et tracer des courbes.
- En BTS, BUT, écoles de commerce ou écoles d’ingénieurs, l’analyse de données chiffrées passe presque toujours par des graphiques.
- En formation professionnelle (comptabilité, management, marketing, RH, logistique, informatique, data, etc.), les tableaux de bord et indicateurs clés sont souvent présentés sous forme de courbes.
Sans un minimum d’aisance avec les repères graphiques, il devient difficile de :
- comprendre une évolution dans le temps (ventes, chiffre d’affaires, fréquentation, notes, performances sportives, etc.) ;
- comparer deux populations ou deux produits ;
- interpréter un rapport d’activité, un bilan annuel ou un tableau de bord RH ;
- suivre un plan d’action ou un budget.
C’est pourquoi les formations de remise à niveau en mathématiques, les préparations aux concours, les cursus en économie-gestion ou en sciences de la donnée insistent de plus en plus sur la maîtrise des graphiques, du repère cartésien et des coordonnées.
Orientation, reconversion et métiers liés à la donnée
Dans les métiers de l’analyse de données, de la finance, de la gestion de projet ou du marketing digital, la capacité à lire des graphiques est centrale. Les formations suivantes, par exemple, utilisent quotidiennement les notions d’abscisse et d’ordonnée :
- Licences de mathématiques, économie, gestion, informatique ;
- BUT STID (Statistique et informatique décisionnelle), GEA (Gestion des entreprises et des administrations), Informatique, etc. ;
- BTS Comptabilité-gestion, BTS Banque, BTS NDRC, BTS MCO, BTS SIO ;
- Masters en data science, business intelligence, marketing digital ;
- Formations continues en data analyse, tableaux de bord Excel, pilotage de la performance.
Pour bien choisir un cursus ou réussir une reconversion dans ces domaines, il est utile de consolider ses bases graphiques. Pour approfondir les aspects plus techniques (définition, exemples, exercices), vous pouvez consulter notre article spécialisé sur la représentation de l’abscisse et de l’ordonnée dans le repère cartésien, conçu pour les étudiants et les adultes en reprise d’études.
1. La métaphore de la ville : abscisse = rue, ordonnée = étage
Se repérer dans un immeuble d’une grande ville
Imaginez que vous êtes dans une grande ville, devant une rangée d’immeubles. Pour désigner exactement l’endroit où vous vous trouvez, vous avez besoin de deux informations :
- la position le long de la rue (plus à gauche ou plus à droite) ;
- l’étage où vous vous situez (plus bas ou plus haut).
C’est exactement ce que font l’abscisse et l’ordonnée :
- l’abscisse (axe horizontal) joue le rôle de la position dans la rue : plus vous allez à droite, plus la valeur de l’abscisse augmente ;
- l’ordonnée (axe vertical) joue le rôle de l’étage dans l’immeuble : plus vous montez, plus la valeur de l’ordonnée est grande.
Un point dans le plan est donc comme une adresse complète :
- l’abscisse indique à quel « numéro » de la rue vous êtes ;
- l’ordonnée indique à quel étage se trouve l’appartement.
Applications pédagogiques de cette métaphore
Pour un enseignant ou un formateur, cette métaphore de la ville permet :
- d’expliquer concrètement qu’une seule information ne suffit pas pour localiser un point : il faut bien deux coordonnées (comme une adresse complète) ;
- d’introduire la notion de repère orthonormé comme d’un « plan de ville » structuré ;
- de rassurer les apprenants : lire une coordonnée, ce n’est pas plus compliqué que lire une adresse postale.
Dans de nombreuses formations (CAP, bac pro, BTS, préparation concours), certains apprenants ont un rapport difficile aux maths. Partir de la vie quotidienne (rue, immeuble, étage) permet de dédramatiser et de reconnecter les notions abstraites à des repères concrets.
2. La métaphore du GPS : abscisse = Est/Ouest, ordonnée = Nord/Sud
Du globe terrestre au repère cartésien
La plupart des adultes ont déjà vu ou utilisé des coordonnées GPS. Même si les systèmes de coordonnées géographiques sont plus complexes, l’idée se rapproche beaucoup de l’abscisse et de l’ordonnée :
- la longitude indique à quel point vous êtes à l’Est ou à l’Ouest ;
- la latitude indique à quel point vous êtes au Nord ou au Sud.
Dans un repère cartésien simple :
- l’axe horizontal (abscisse) joue le rôle de l’Est–Ouest ;
- l’axe vertical (ordonnée) joue le rôle du Nord–Sud.
Un point sur un graphique, c’est donc comme un lieu sur une carte : il faut préciser sa « longitude » (abscisse) et sa « latitude » (ordonnée) pour le retrouver.
Utiliser l’image du GPS en formation
Cette métaphore est particulièrement efficace :
- dans les formations liées à la logistique, au transport, à la géographie, à l’environnement ;
- dans les cursus où l’on travaille avec des applications de cartographie, des SIG (systèmes d’information géographique) ou des outils de navigation ;
- en formation pour adultes, car beaucoup connaissent déjà le fonctionnement d’un GPS de voiture ou d’un smartphone.
On peut alors faire le parallèle suivant :
- sur une carte routière, vous avez une grille de coordonnées pour trouver une ville ;
- sur un graphique, chaque point (x ; y) indique un « lieu » dans le plan, défini par ses coordonnées.
Pour les formations en data, marketing ou finance, cette image du GPS est intéressante pour montrer que chaque donnée (par exemple : revenu et niveau d’étude, prix et quantité vendue, âge et taille) se situe à un endroit précis du « paysage des données ».
3. La métaphore du cinéma : abscisse = temps, ordonnée = intensité
Voir le graphique comme un film qui défile
De nombreux graphiques représentent une évolution dans le temps : ventes par mois, température par jour, cours de la Bourse par minute, progression d’un élève au fil des trimestres, etc. Une métaphore très parlante, surtout pour les jeunes, est celle du film :
- l’abscisse correspond au temps qui passe (les images qui défilent de gauche à droite) ;
- l’ordonnée correspond à l’intensité d’un phénomène (le volume sonore, le niveau d’action, la tension dramatique, etc.).
Sur un graphique :
- plus vous allez à droite sur l’axe des abscisses, plus vous avancez dans le temps ;
- plus le point est haut sur l’axe des ordonnées, plus la valeur du phénomène est grande à ce moment-là.
On peut donc lire un graphique comme l’histoire d’un film :
- montée de la courbe = montée de la tension ou du suspense ;
- descente de la courbe = baisse d’activité ou période plus calme ;
- plateau = situation stable sans grands changements.
Intérêt pour les filières économiques, sociales et commerciales
Dans les formations liées à l’économie, à la gestion ou au commerce, une grande partie des graphiques sont des courbes de tendance. La métaphore du film aide à :
- comprendre une évolution de chiffre d’affaires, de fréquentation, de trafic web, etc. ;
- interpréter les « pics » et les « creux » d’une courbe ;
- expliquer la notion de tendance de fond versus fluctuations ponctuelles.
Les étudiants en BTS, BUT, licence de gestion ou d’économie rencontrent souvent ce type de graphique dans les statistiques, l’analyse de marché ou la finance. Visualiser l’axe horizontal comme le temps et l’axe vertical comme l’intensité (niveau de vente, de coûts, de satisfaction, etc.) permet de donner du sens aux courbes plutôt que de les subir comme un simple exercice scolaire.
4. La métaphore du jeu vidéo : abscisse = déplacement latéral, ordonnée = saut
Se déplacer dans un monde en 2D
Pour les publics jeunes, la métaphore du jeu vidéo en 2D est très efficace. Imaginez un personnage dans un jeu de plateforme :
- il se déplace à gauche ou à droite : c’est le mouvement suivant l’axe des abscisses ;
- il saute ou tombe : c’est le mouvement suivant l’axe des ordonnées.
La position du personnage à un instant donné peut être décrite par deux nombres :
- combien de pas il a fait vers la droite (ou vers la gauche) ;
- combien de « niveaux de hauteur » il a gagné (ou perdu).
C’est exactement ce que l’on décrit avec des coordonnées (x ; y) dans le plan.
Relier mathématiques et informatique, programmation, game design
Cette métaphore est particulièrement pertinente :
- dans les formations en informatique, développement de jeux, graphisme, animation ;
- dans les spécialités mathématiques liées à l’algorithmique ou à la programmation ;
- en lycée technologique ou professionnel, quand on utilise des logiciels de modélisation.
On peut par exemple expliquer que :
- dans de nombreux moteurs de jeu, la position d’un objet est stockée sous forme de coordonnées (x, y, parfois z pour la 3D) ;
- modifier l’abscisse revient à déplacer le personnage latéralement ;
- modifier l’ordonnée revient à le faire monter ou descendre.
Ainsi, un apprenant passionné de jeux vidéo peut comprendre que maîtriser abscisse et ordonnée n’est pas une fin en soi, mais un outil pour créer, programmer et comprendre des environnements virtuels.
5. La métaphore de la balance commerciale : abscisse = quantité, ordonnée = prix ou résultat
Relier les coordonnées à une problématique économique
Dans les filières économiques, commerciales et de gestion, il est très utile de relier abscisse et ordonnée à une situation concrète comme l’offre et la demande, ou la rentabilité d’un produit. On peut, par exemple, imaginer une « balance » où l’on fait varier une quantité vendue et où l’on observe le résultat financier.
- Sur l’axe des abscisses, on place la quantité (nombre de produits vendus, nombre de clients, volume de production).
- Sur l’axe des ordonnées, on place un résultat (recettes, bénéfice, coût total, marge).
Chaque point du graphique (x ; y) décrit une situation économique :
- x = la quantité vendue ou produite ;
- y = le niveau de bénéfice (ou de perte) associé.
On obtient alors une « carte » de toutes les situations possibles, qui permet de voir :
- à partir de quelle quantité on commence à être rentable ;
- à quel niveau de production le bénéfice est maximal ;
- comment évoluent les coûts ou la marge si l’on produit plus ou moins.
Un outil clé dans les formations en gestion et en management
Pour les étudiants en BTS, BUT ou licence professionnelle de gestion, de comptabilité-gestion, de commerce ou de management, cette métaphore :
- donne du sens à des courbes comme la courbe de coût moyen, de coût marginal, de recette totale ;
- montre que les coordonnées ne sont pas des nombres « abstraits » mais des couples (quantité ; résultat) très concrets ;
- prépare à l’utilisation de tableaux de bord et d’indicateurs en entreprise.
Cela prépare également aux métiers qui s’appuient sur l’analyse de données chiffrées : contrôleur de gestion, chargé d’études, analyste marketing, responsable commercial, etc., pour lesquels la lecture et l’interprétation de graphiques font partie du quotidien.
Comment transformer ces métaphores en véritables compétences en formation
Articuler les images mentales avec les exigences des programmes
Les métaphores (ville, GPS, film, jeu vidéo, balance commerciale) ne remplacent pas le formalisme mathématique, mais elles le rendent accessible. Pour qu’elles soient efficaces dans un parcours d’études ou de formation professionnelle, il est utile de :
- partir d’une situation connue des apprenants (jeu vidéo, GPS, film, commerce) ;
- introduire progressivement le vocabulaire précis : abscisse, ordonnée, repère, axe horizontal, axe vertical, coordonnées ;
- relier ensuite ces images aux exercices du programme (lecture de graphiques, placement de points, interprétation de courbes).
Dans une logique d’orientation, cela permet aussi aux élèves et aux adultes en reconversion de comprendre pourquoi les coordinateurs (x ; y) sont si présents dans de nombreux métiers et cursus.
Intégrer la maîtrise des graphiques dans un projet professionnel
Pour que l’apprentissage soit motivant, il est utile de montrer à quoi servira concrètement la lecture de graphiques selon les projets :
- Un futur data analyst utilisera des nuages de points pour étudier la relation entre deux variables (prix et vente, âge et consommation, etc.).
- Un futur comptable ou contrôleur de gestion suivra l’évolution de charges et de produits sur des graphiques mensuels.
- Un futur ingénieur ou technicien analysera des courbes de mesure (température, pression, vitesse, intensité électrique).
- Un futur responsable RH interprétera des courbes de turnover, d’absentéisme ou d’évolution des effectifs.
- Un futur logisticien ou gestionnaire de stock lira des graphiques de flux, de rotation ou de saisonnalité.
En reliant chaque métaphore à un contexte professionnel concret, on fait de l’abscisse et de l’ordonnée des outils de travail, et non de simples notions scolaires à mémoriser.
Quelques pistes de formations pour consolider ces compétences
Pour les élèves, étudiants et adultes souhaitant renforcer leur maîtrise des graphiques et des repères cartésiens, plusieurs types de formations peuvent être envisagés :
- Stages de remise à niveau en mathématiques (lycée, préparation aux études supérieures, classes passerelles).
- Formations courtes en statistiques appliquées, Excel, data visualisation, souvent proposées par les centres de formation continue.
- Cursus universitaires (licences et masters en économie, gestion, mathématiques appliquées, informatique, data science).
- Formations professionnalisantes (BTS, BUT, licences professionnelles) en comptabilité, gestion, commerce, logistique, informatique, qui intègrent l’analyse de données chiffrées.
- Modules spécifiques en e-learning sur la lecture de graphiques, les indicateurs de performance et la construction de tableaux de bord.
Pour choisir la bonne voie, il est utile de prendre en compte son niveau actuel en mathématiques, son aisance avec les données chiffrées et ses objectifs professionnels. L’enjeu n’est pas de devenir expert en théorie des fonctions, mais d’acquérir la capacité à lire, comprendre et utiliser des graphiques dans son futur métier.
En combinant ces 5 métaphores avec une pratique régulière (exercices, projets, études de cas), l’abscisse et l’ordonnée cessent d’être des abstractions pour devenir de véritables outils de compréhension du monde économique, social et professionnel.
